Les CD

  

Disques du mois

BRUCE SPRINGSTEEN

We shall overcome

The Seeger sessions

(Columbia/Sony-BMG)

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Bruce Springsteen a encore frappé et une fois, encore frappé très fort. Comme cela a été dit pour Eric Clapton, Bruce en est arrivé à un stade de réussite musicale et de notoriété qu’il peut se permettre de faire ce qu’il a envie de faire et imposer ses désirs à une maison de disques. Cette fois, Bruce a décidé de rendre hommage au chanteur folk : Pete Seeger. Rappelons que Pete Seeger, né en 1919 à New York, est un acteur important de la musique populaire américaine et que nous avons en mémoire, sans le savoir, de nombreuses chansons qui ont été écrites ou arrangées par Pete Seeger, un passionné, qui pendant des décennies a étudié la chanson traditionnelle et tout particulièrement l’aspect social de la musique américaine. C’est au début des années 6O, avec Woodie Guthrie, que sa notoriété éclate vraiment et qu’il est une des sources d’inspiration de Bob Dylan et Joan Baez, entre autres. Ses chansons les plus connues sont «Where have all the flowers gone », « If I had a hammer » reprise par Johnny Cash et June Carter (… et Claude François) mais aussi « Turn, turn, turn » superbement interpertré par les Byrds ou « Little Boxes » chanté en Français par Graeme Allwright sans oublier le fameux « We shall over come » devenu l’hymne des luttes anti ségrégation. Il n’est pas étonnant de voir Bruce Springsteen qui se veut un chanteur populaire rendre hommage au chanteur folk Pete Seeger de la meilleure façon qui soit. Bruce a fait un disque à l’ancienne, il a réuni des musiciens, des chanteurs dans une maison et a enregistré ce disque en live. On a l’impression d’être dans un bar ou même dans un pub irlandais avec plein de gens qui chantent ensemble et qui sont accompagnés par banjo, guitare, accordéon, violon, batterie, trompette, trombone et autres instruments acoustiques. Au milieu de tout cela la voix du boss qui domine le tout. Il arrive que Bruce braille comme un possédé comme s’il fallait se faire entendre à tout prix au milieu de cet ensemble conséquent mais parfois aussi il murmure avec la passion qu’on lui connait. L’ensemble tient parfois de la musique old time, parfois des brass band de la Nouvelle Orleans, parfois également de la musique celtique, le tout avec une authenticité qui lui donne un charme et une force phénoménale. La conviction l’emporte sur toutes les autres considérations. Il y a des ballades avec notamment « Mrs Mc Grath », l’émouvant « Eyes on the prize » avec des chœurs imposants et le magnifique « Shenendoah ». Il y a du folk très classique avec « Froggie want a courtain » et « Pay me my money down », de la musqiue façon New Orleans avec tout ce qu’il faut de cuivres sur « O Mary don’t you weep » ou « Jacob’s ladder ». La tendance irlandaise se retrouve sur « Jesse James » qui a d’ailleurs été interprété par Shane Mc Gowan et les Pogues. Le côté old time est présent sur « My Oklahoma » superbement country et sur « Old Dan Tucker » au rythme très dansant. Et on trouve aussi le magnifique chant d’espoir qu’est « We shall overcome ». Le tout avec une force qui transporte l’auditeur. Le disque connaît un énorme succès et bat des records de vente comme si le public était à la recherche d’authenticité et de ses racines. Le 3O avril entouré de 17 musiciens et chanteurs, Bruce s’est produit au Festival Jazz and Héritage à la Nouvelle Orleans enchaînant ensuite en mai et juin, une tournée américaine et européenne jugée exceptionnelle par les critiques de tous bords.

Gérard Desméroux

 

COUNTRY MADE IN France

MARIOTTI BROTHERS

Country Boys

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Force est de constater que petit à petit, année après année le niveau des formations françaises dites de country music à tendance à s’élever et on ne peut que s’en féliciter. Les Mariotti Brothers sont apparus récemment sur le marché country et en quelques concerts se sont faits une belle réputation. Ceux qui les ont vus en redemandent. Quels sont les points forts des Mariotti Brothers ? Incontestablement, la première chose qui saute aux oreilles c’est leur compétence musicale, Philippe et Jean Pierre faisant des merveilles à la guitare, Laurent également au violon. Les Brothers ont un esprit country qui fait défaut à d’autres formations dont les musiciens sont, au mieux, issus du milieu rock. Autre aspects positifs : l’écriture de morceaux originaux et des voix qui ont assimilés les influences américaines. Ce « Country boys » est le 3 ème album des Brothers  avec 13 morceaux originaux. Il y a donc des morceaux solides avec force guitares comme «Bill the Bronc», «On the wrong side » ou «Country boys» le morceau le plus élaboré du disque qui a l’étoffe d’un tube. Il y a aussi des ballades comme «Welcome back home here in Oklahoma» ou «Angel» et puis au fil des morceaux un «The strongest of them all«  sur un tempo médium avec un beau travail des voix, un « In vain » qui sonne très sud, très Texas, un «The best of my country»  qui sonne lui très ballade sixties avec un côté Presley. Et  il faut enfin dire que les danseurs devraient largement y trouver leur compte, un morceau comme «I can’t get over you now» par exemple devrait sérieusement les faire bouger. Quant au remix de «Country boys» destiné  à passer en boîte… vous pouvez l’écouter une fois par curiosité (Tél 04 91 25 53 98 – www.mariottibrothers.com)

Gérard Desméroux

ORVILLE GRANT

Bleu de toi

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Orville Grant c’est d’abord Philippe Pascal mais c’est également Erika au chant et une bande de musiciens tous dotés d’une expérience musicale qui s’entend dès qu’ils ont l’occasion de s’exprimer……. Sur ce disque, le côté traditionnel est quand même très présent  avec des morceaux comme «You’re my sunshine» ou le gospel «I’ll fly away» et le «Keep on the sunny side» de la Carter family ». Mais l’éventail musical d’Orville Grant est large et s’étend aussi jusqu’à Bruce Springsteen avec «Cadillac ranch»,  «Who’ll stop the rain» de Creedeence ou «Call me the breez» de J.J. Cale sur lequel le groupe se montre soudé et efficace. Pour montrer à quel point les girondins ont du goût, il faut remarquer la présence de «Hillbilly rock» de Marty Stuart à qui Orville apporte un côté cajun  ou « Seven year ache » un des premiers succès de Rosanne Cash. Il y a même des titres originaux : «Bleu de toi» et «I don’t know». A noter que Philippe joue de tous les instruments sur une partie des 17 morceaux proposés et que la voix d’Erika est certainement un des éléments les plus attrayants de la formation. Parmi les morceaux les plus réussis, il faut citer  le gospel «I’ll fly away», la ballade aux accents sudistes «I don’t know» et  la belle ballade folk «Orphan girl» empruntée à Gillian Welch. Les classiques «Cotton fields» et «You’re my sunshine» sont plutôt bien envoyés. Quant à «God bless Texas», «Seminole wind» ou «Achy breaky heart», à n’en pas douter,  ils raviront les danseurs… Orville Grant, une formation à découvrir. (Tél 05 56 42 57 15- 06 68 01 63 97)

 Gérard Desméroux

MARIE DAZZLER

et COWBOY DELUXE

So far so good

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Marie Dazzler a déjà une longue expérience de chanteuse country et aussi d’auteur compositeur. Il n’est donc pas étonnant que ce disque soit celui d’une certaine mâturité. Au cours de toutes ces années, Marie s’est fait des amis, des complices qui sont venus apporter un plus à cet enregistrement. C’est le cas de Vicky Layne présente vocalement mais aussi musicalement notamment auviolon mais aussi à la guitare et à la mandoline, Bruno Liger est là, lui aussi, à la guitare, au dobro et à la steel (Bruno  formait avec Vicky et Marie les Mahogany Spirit) quant à Ange Amadéï, il fait une intervention remarquée à l’harmonica sur «Witchy burning love» un des morceaux les plus musclés du disque plus  proche de l’esprit de ZZ Top que de la country traditionnelle. Marie signe 5 des 12 chansons et non des moindres , parmi celles-ci,  «So far so good», un morceau bien tourné sur un rythme médium ,  «I’m wrong, you’re right» qui balance bien gentiment et agréablement, «Ever since you’ve gone» qui trouve un bon équilibre entre tradition et modernisme mais aussi «Sweet angel» sur lequel Marie fait étalage de belles capacités vocales.  Pour le reste , on évolue entre le western swing de «A man after my own heart»  et la country virulente de «Hold your horses» sans oublier un «Put your heart into it»  parfait pour la danse. L’ensemble du disque devrait d’ailleurs plaire à ceux qui pratiquent la danse country. En bonus, une belle interprétation que ce soit sur le plan vocal ou musical de «Malaguena salerosa», une véritable performance et une grande réussite. Encore une production française digne d’intérêt.

Gérard Desméroux

 

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