SUROÎT

  

Article extrait de sur la Route de Memphis N° 64 (3ème trimestre 2001)

SUROÎT  ALLUME  LE  FEU !

Si vous parcourez les  anciens numéros de Sur la Route de Memphis, vous retrouverez à plusieurs reprises la trace du groupe Suroît avec toujours des termes élogieux. Une fois de plus leur venue à Villeneuve sur Lot le 25 juillet dernier ne fera qu’amplifier une impression première grandement positive. Souvent utilisés abusivement un certain nombre de superlatifs peuvent être employés pour ce groupe et pour le spectacle donné ce soir là. Le groupe est né il y a plus de 20 ans aux Iles de la Madeleine au Canada. Ils sont six sur scène autour de l’ancien, autour du leader naturel qu’est Alcide Painchaud qui sévit aux claviers, à l’accordéon et au chant. Alcide est entouré par Henri Paul Bénard qui joue de la guitare, de la mandoline, de l’harmonica,  du bandonéon et qui chante, par Félix Leblanc au violon et au chant, par Réal Longuépée à la basse et au chant, André Cumming à la batterie et Luc Bourgeois à la cornemuse et au pipeau. Tous sont des musiciens expérimentés qui passent avec une facilité déconcertante d’un instrument à un autre sans oublier de chanter, aussi ,chacun à leur tour. Ce qui est évident, c’est leur joie de jouer et leur complicité, leur spectacle est comme une bon plat auquel chacun apporte sa touche pour la réussite de l’ensemble. Leur musique pourrait être du Félix Leclerc qui sur scène deviendrait de l’Alabama. Car Suroît a une présence scénique peu commune. Alcide explique les chansons avec des références historiques, Henri Paul bouge beaucoup et esquisse des pas de danse tandis que Réal  bondit et Félix martelle le sol tout en jouant du violon quant à Luc le petit dernier il porte un kilt qui intrigue beaucoup la gente féminine. Seul, André, derrière sa batterie est obligé de rester à sa place. Que dire de la musique de Suroît ? Elle est difficile à qualifier car elle est originale et puise ses influences dans la chanson française, dans la chanson canadienne, dans la musique celtique et  la musique cajun. Elle peut donc être globalement qualifiée de folk acadien. Sa force est non seulement dans l’interprétation mais aussi dans son contenu qui puise dans la tradition canadienne, dans les racines et le vécu des musiciens  , dans la vie des marins, dans le pays, dans les traditions de toutes sortes. Les chansons de Suroît ont quelque chose à dire. Une majorité de chansons originales donc, comme l’instrumental « Salut Cap Breton » ou  le très enlevé « Jolie Marjolaine », des traditionnels comme « Les filles de La Rochelle » version revue et corrigée par Suroît, de belles ballades comme «  Autour du monde », des chansons à boire comme « Des bars, des filles », de l’humour  percutant avec  « Mystificoté » sur lesquels les musiciens s’en donnent à cœur joie passant par une intervention reggae puis un passage avec guitares à la ZZ Top. Et au milieu de tout ça  une séquence cajun s’articulant autour du classique « Chanson du Mardi Gras ». L’enthousiasme des musiciens étant communicatif, le nombreux public (plus de mille personnes) a montré bruyamment et longuement son plaisir  ce qui n’est malgré tout pas si fréquent.

 Gérard DESMEROUX

 

Suroît à Capbreton "Les Déferlantes" - 28 août 1999

Suroît à Villeneuve sur lot - 25 juillet 2001

Suroît à Québec Expocité - 22 août 2001

© Photos : Robert Descombels

 
 

 

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