| | Extrait de "Sur la route de Memphis" n° 72 (3ème trimestre 1996) Villeneuve sur Lot (47) - Mercredi 18 juillet 2003 Magique Wanda Jackson Le spectacle de la chanteuse de rock a finalement eu lieu, malgré une annulation due au mouvement des intermittents du spectacle. Suite à l'intervention (peu appréciée par le public) des intermittents du spectacle, le spectacle de la Cale de la Marine à Villeneuve a été annulé. Les instigateurs de la venue de la chanteuse Wanda Jackson se sont démenés toute la journée pour que le concert ait lieu malgré tout. C'est donc finalement au bar/billard le Liverpool que s'est déroulé le concert initialement prévu. L'ÉNERGIE DES CLASSIQUES Plusieurs centaines de personnes se sont retrouvées massées en ce lieu, certains venant de Belgique, de Suisse, de Bretagne, Paris ou Carcassonne pour voir leur idole. C'est un spectacle énergique qu'ont donné tout d'abord les valeureux Route 66, et l'on a pu voir alors les danseurs évoluer sur l'asphalte de la rue du Général Blaniac. Wanda Jackson, qui a l'habitude de chanter sur les scènes de Las Vegas, Tokyo ou Stockholm (d'où elle arrivait, avant de se produire à Berlin) a été quelque peu surprise par le lieu devenu inhabituel pour elle, mais elle a donné un concert de toute beauté fait de ses classiques du rock'n'roll, avec l'incontournable «Let's have a party» et un medley de grandes chansons du style devant un public enthousiaste. Elle s'est ensuite livrée à une longue séance de dédicaces. Pour finir la soirée à une heure raisonnable, afin de ne pas gêner les voisins, le duo acoustique Crazy Ducks a clôturé cette soirée, avec toujours du rock'n’roll du meilleur effet. De l'avis de tous, cette soirée restera longtemps gravée dans les mémoires. Gérard DESMEROUX
Pour mieux connaître "La Reine du Rock'n'roll" voici un extrait du livre « L’Age d’or du Rock’n’roll » de Jacques Barsamian et François Jouffa publié aux Editions Ramsay (1980) 
Il a souvent été dit que 1958 fut l'année qui marqua le crépuscule du rock. Pourtant, ce fut cette année-là que la chanteuse Wanda Jackson apparut avec "Fujiyama Mama" sur Capitol. La firme d'Hollywood trouva ainsi son Gene Vincent féminin, tandis que RCA engageait Janis Martin pour donner au sexe qu'on disait encore faible sa réplique à Elvis Presley. Ces deux chanteuses étaient des exceptions. En effet, le milieu rock, des fans aux producteurs de disques, était assez misogyne dans ces années-là. Pour tout le monde, le rock était, auparavant, affaire de garçons. Les chanteuses, pendant très longtemps, ne seront que des pots de fleurs décoratifs pour groupe folk (Peter, Paul and... Mary). Les femmes de caractère, acceptées pourtant dans le blues (Bessie Smith, Billie Holiday), ou dans le country traditionnel, ne seront les bienvenues dans la rock music qu'après le renversement des valeurs pendant le mouvement fleuri californien (été 1967), pour que le public idolâtre des chanteuses aux attitudes de «mec», de la regrettée Janis Joplin à Patti Smith. Les enregistrements originaux de "Drugstore Rock'n'Rol"l ou "My Boy Elvis" par Janis Martin sont, aujourd'hui, des pièces rares que les collectionneurs s'arrachent. Native de Virginie, Janis fut engagée chez RCA-Victor par Steve Sholes, celui-là même qui avait encouragé RCA à racheter, à Sun, le contrat d'Elvis Presley. Celle qu'on surnommait «La Fille avec la voix d'Elvis» n'avait que seize ans à ce moment-là. Wanda Jackson, elle, allait faire une longue carrière dans la chanson country. Toutefois, c'est grâce au rock'n' roll qu'elle s'est taillé une sérieuse réputation auprès du public européen. Il faudra attendre 1965 pour qu'elle se produise en France, d'abord à l'Olympia, puis à la Locomotive sous le Moulin Rouge. A cette occasion, elle nous confia qu'elle devait une bonne partie de sa carrière à ses parents : « Mon père a passé beaucoup de temps à me guider dans ce métier. Ma mère a créé et exécuté la plupart de mes robes. Leur confiance a été ma plus grande source d'encouragement. » La chanson "Fujiyama Mama", lors d'une tournée au Japon, faisait dire aux G.I.'s stationnés dans ce pays que le style vocal de Wanda était tellement volcanique que le vieux mont Fujiyama risquait de reprendre son activité souterraine. De retour aux États-Unis, Wanda mit en boîte une version classique du «Let's Have A Party» d'Elvis Presley : «C'est mon ami Elvis, lui-même, qui m'avait conseillé de faire Let's Have A Party. J'avais eu l'occasion de participer à plusieurs concerts avec lui en 1956 et 1957. C'était un garçon très gentil, un véritable gentleman, et un ami sûr.» Née dans l'Oklahoma, Wanda, qui avait déjà enregistré pour Decca dès 1953, s'était alors jointe à l'orchestre de Hank Thompson avant de signer pour Capitol en 1956. Le fameux producteur de Capitol, Ken Nelson, lui donna d'excellents musiciens pour ses enregistrements comme le pianiste Merril Moore, le guitariste Roy Clark, et les Blue Caps de Gene Vincent. «On faisait mes disques, précise-t-elle, à Hollywood dans les studios Capitol, là où précisément Gene Vincent créa ses plus fameux morceaux.» Wanda Jackson enregistra également quelques morceaux comme "Long Tall Sally", "Mean Mean Man", "Honey Bop", "My Baby Left Me", "Hard Headed Woman", "Honey Don't", etc., qui, en 1978, seront rassemblés sur un double album publié par Capitol en France, intitulé Wanda Jackson Only Rock'n'Roll. © «L’Age d’or du Rock’n’roll» de Jacques Barsamian et François Jouffa aux Editions Ramsay 1980 © Photos : "Rockin' With Wanda!" Capitol Records |
Extrait de "Sur la route de Memphis" n° 44 (4ème trimestre 1996) WANDA JACKSON Le feu d'artifice est venu d'Oklahoma. Dimanche 14 juillet 1996 En attendant la reine du rock and roll, nous avons assisté au passage des "Okeh Wranglers", formation hilibilly and western swing, à l'avenir prometteur. Ce groupe a su par son dynamisme capter l'attention du public pourtant écrasé par la chaleur. Un ancien Chat sauvage, Mike Shannon celui qui a eu la lourde tâche de succéder à Dick Rivers est venu nous présenter son show. Tenue proprette tant musicale que vestimentaire. Peut-être de trop car il manquait justement ce côté "sauvage" qu'on est en droit d'attendre. Mais que voulez-vous à chacun son tempérament. Cela n'empêche pas ce chanteur doté d'une jolie voix de nous envoyer une succession de classiques Rock and roll (Hound dog ....) de bons niveaux. Avec plus de jus ou de nerfs est arrivé J. Kirry's band made in USA. Sans être créatifs, la musique country rock, blue grass et country traditionnelle sous un tempo d'enfer entendue ce soir-là était de bon augure pour ce qui allait suivre ; La température musicale avait encore augmenté. C'était une bonne idée dans le programme avant la venue de Wanda Jackson. Présenté par Phil Edwards, le volcan féminin "Fujiyama" ne s'est pas éteint. En effet Wanda Jackson en robe blanche ornée de lamelles resplendissantes donne encore le vertige. Elle possède toujours la classe des grandes chanteuses. Sous sa chevelure de rêve, la reine du rock and roll est venue avec la ferme conviction de nous faire chavirer de bonheur. Son armada de classiques de rock and roll était bien là pour nous envahir. Mis à part "Happy birthday baby", "Right or wrong" et "Blue yodel", la soirée se ferait à 100 à l'heure. Tour à tour “Honey bop”, “Rock your baby”, “Stupid cupid”, “Whole lotta shakin”, “Mean mean man”, “Hard Headed a woman”, “Let's have a party” ... Je stoppe, la liste est trop longue. C'est du grand art. Que pouvait-il nous manquer ? Rien ! Ah si! le son des "Party Timers" son ancienne formation. Les remplaçants ont fait leur possible avec seulement deux rencontres. Pas facile de suivre les changement subit de rythme de Wanda Jackson. Pourtant le groupe accompagnateur a rempli son contrat en assurant avec énergie tous ces tubes que nous fredonnerons encore pendant des décennies et peut-être plus. Imitant gestuellement Elvis Presley avec roulements de hanches suggestifs et déplacements du corps savamment étudié, merveilleuse Wanda, tu nous as fait une fois de plus craquer !!! Rendant hommage au King, elle a ajouté « one night » plein de désirs. Les chanteuses de rock and roll ont été peu nombreuses à vouloir rivaliser avec elle. Seule Brenda Lee et Janis Martin ont essayé quelques temps, mais la Reine a toujours gardé sa couronne sans contestation. Arrivée à la soixantaine, je suis certain qu’il reste encore des hommes prêts pour la suivre à renier leur patrie ou se teindre en blond. Wanda est d'autant plus dangereuse qu’elle possède toujours du charme, de la gentillesse et son éternel sourire finit par vous convaincre. Ce soir-là, il était inutile d'insérer un feu d'artifice. Wanda Jackson venue d’Oklahoma nous l’a projeté sur tout Mirande. Je ne suis pas prêt de l’oublier. A bientôt Wanda. Bruno MARIE |
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